La magie désigne un ensemble de pratiques destinées à agir sur le monde par des moyens surnaturels : formules, incantations, talismans et cérémonies.
Les premières traces de pratiques magiques remontent à la préhistoire. Chamans et sorciers de l'Antiquité conduisaient des rituels destinés à invoquer les esprits, à soigner et à agir sur les phénomènes naturels. Ces pratiques se confondaient alors avec la religion des sociétés concernées.
Dans l'Égypte ancienne, la magie faisait partie de la vie quotidienne. Les prêtres employaient formules et amulettes pour la protection des vivants comme des morts. La Grèce antique connaissait ses propres pratiques, avec les oracles et les mages, dont le rôle social était reconnu.
Au Moyen Âge, la magie devient en Europe un motif de persécution. L'Église catholique y voit une atteinte à son autorité. Les procès en sorcellerie, dont ceux de Salem à la fin du XVIIe siècle, mesurent l'ampleur prise par ces accusations.
La magie recouvre plusieurs pratiques distinctes, dont les traditions et les finalités n'ont pas grand-chose en commun : magie cérémonielle, magie naturelle, magie populaire et magie de scène.
La magie cérémonielle, ou haute magie, repose sur des rituels longs et sur la connaissance de textes ésotériques. Elle entretient des liens anciens avec l'alchimie et la Kabbale, et vise une forme de connaissance de l'univers et de l'esprit.
La magie naturelle, ou magie verte, s'appuie sur les plantes, les pierres et d'autres éléments naturels. Les druides et les herboristes en relevaient, avec une finalité de soin et de protection.
La magie populaire regroupe les formules et les charmes employés dans la vie courante, pour la chance, l'amour ou la prospérité. Elle se transmet oralement et varie fortement d'une région à l'autre.
La magie de scène, ou prestidigitation, est un art du spectacle fondé sur l'illusion. Houdini puis David Copperfield en ont fixé l'image auprès du grand public, le premier par ses évasions, le second par ses grandes illusions.
La magie est aujourd'hui perçue d'abord comme un divertissement et comme un ressort de fiction. Films, romans et spectacles entretiennent cette place. Dans le même temps, des pratiques traditionnelles subsistent et connaissent un regain d'intérêt dans certains mouvements spirituels.
Les romans de J. K. Rowling et les films adaptés de la série Harry Potter ont donné à la magie une large audience. Ces récits ont renouvelé l'intérêt pour le sujet, en particulier chez les jeunes lecteurs.
Le néopaganisme et la Wicca intègrent des pratiques magiques à leurs rituels. Ces mouvements insistent sur le rapport à la nature et sur un usage de la magie tourné vers le développement personnel.
La magie reste un sujet de débat. Des religions et des courants philosophiques la condamnent, d'autres la tolèrent. Les discussions portent sur la foi, sur la morale et sur le pouvoir que ces pratiques prétendent exercer.
De nombreuses religions ont condamné la magie, assimilée à un blasphème ou à une déviation. L'Église catholique a mené les campagnes les plus longues, en rapprochant magie, sorcellerie et hérésie.
Les sceptiques contestent l'efficacité de ces pratiques et les rattachent à la superstition ou à l'escroquerie. Leur argument tient à l'absence de preuve expérimentale de tout effet surnaturel.